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Procédure-bâillon : Thales attaque Disclose en diffamation

Photo de Une : Michel Euler/AP/SIPA

La multinationale française poursuit Disclose en justice après nos révélations sur ses exportations de matériel de guerre vers un fournisseur de l’armée israélienne. Le but de l’offensive judiciaire : nous faire taire.

Attaquer en justice plutôt que rendre des comptes, voilà la méthode Thales. Nous venons d’apprendre que le groupe d’armement Thales a déposé plainte en diffamation contre Disclose. Notre faute ? Avoir révélé en juin 2024 que la multinationale française livrait secrètement du matériel de guerre en Israël destiné à équiper des drones. Et ce, malgré le risque qu’ils puissent servir à commettre des crimes de guerre à Gaza.

Cela signifie qu’Ariane Lavrilleux et Mathias Destal, les auteur·ices de l’enquête, et Magali Serre, la directrice de la publication, vont être mis en examen par un·e juge d’instruction. Que nous allons devoir investir du temps, de l’énergie et de l’argent pour défendre le sérieux de notre travail journalistique. La direction de Thales le sait pertinemment. Pour le groupe détenu à 26 % par l’État français, le but de l’offensive est clair : nous faire taire. C’est une procédure-bâillon. 

Un raid judiciaire d’autant plus abusif que Thales a eu l’occasion de livrer sa version des faits à deux reprises. La première fois avant la publication. La firme s’était alors contentée d’affirmer que les composants livrés n’étaient pas « létaux » et ne faisaient « pas fonctionner de systèmes létaux », ce que nous avons indiqué dans l’article. La seconde fois, c’était un mois après la publication : le service juridique de Thales nous a demandé d’insérer un droit de réponse à la fin de l’enquête, ce que nous avons également accepté. Cette fois, le groupe a brandi une carte joker : la « réexportation de ces matériels vers des pays tiers ». Sans pour autant fournir de preuves matérielles.

En voulant entraver notre liberté d’informer, Thales ne vise pas seulement Disclose. Le vendeur d’armes s’attaque aussi à toutes celles et ceux qui se mobilisent pour que la France arrête de livrer des armes à un pays qui commet un génocide à Gaza. L’industriel espère ainsi briser la mobilisation née de nos révélations. Nous ne céderons pas. Même si nous devons faire face à une multinationale qui a réalisé près de 21 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2024.

L’équipe de Disclose – 11 décembre 2025