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Fos-sur-Mer : des tubes de canons doivent aussi être expédiés vers Israël

Une autre cargaison doit embarquer, ce jeudi 5 juin, sur le cargo destiné à livrer de l’armement français en Israël. D’après l’enquête de Disclose et The Ditch, il s’agit de pièces détachées produites par la société Aubert et Duval servant à équiper des canons. Une information confirmée par les dockers de Fos-sur-Mer qui ont identifié et isolé les colis, comme ils l’ont fait la veille, quelques heures après nos révélations sur l’existence d’un chargement de 14 tonnes de maillons Eurolinks prévu le même jour.

Alors que le Contship Era fait escale à Fos-sur-Mer, ce jeudi 5 juin, où il est censé embarquer des pièces pour fusils mitrailleurs à destination d’Israël, Disclose et The Ditch ont découvert qu’une autre cargaison doit être chargée en secret. Il s’agit d’équipements pour des canons fabriqués par la société française Aubert et Duval. Comme pour les maillons de munitions d’Eurolinks, ils ont été achetés par le fabricant d’armes Elbit Systems, d’après des données maritimes confidentielles.

Spécialisé dans l’industrie de l’armement, Aubert et Duval produit notamment des pièces d’acier utilisées pour des armes de petit et gros calibre. La marchandise entreposée sur les docks de Fos-sur-Mer contient cinq colis remplis de tubes pour canon, sans que l’on soit en mesure de préciser, pour le moment, leur modèle et le type d’armes qu’ils équipent. Contacté, le service de communication d’Aubert et Duval indique à Disclose que l’entreprise « vend des tubes en acier à l’entreprise Elbit Systems qui les transforme », précisant que « la licence d’exportation de matériel de guerre accordée par l’Etat français à Aubert et Duval prévoit explicitement que le produit final fabriqué par Elbit soit réexporté à des forces armées qui ne sont pas celles d’Israel. »

Les dockers ont pu identifier cette nouvelle cargaison et l’ont immobilisée, à l’instar de ce qu’ils ont fait la veille dans la foulée de nos révélations sur la cargaison d’Eurolinks.

Les pièces d’Eurolinks et de la société Aubert et Duval sont stockées dans les trois conteneurs marron visibles sur la photo. Ils sont bloqués en zone de douane au port de Fos-sur-Mer. Photo : Disclose

Ce jeudi matin, le ministère des armées a réagi à nos premières révélations auprès de France Inter. Selon ses propos rapportés par la radio publique, « la licence accordée à Eurolinks prévoit que le produit final [soit] réexporté vers la France ». Il n’était alors fait aucune mention de cette nouvelle cargaison surprise.

Mise à jour jeudi 5 juin, à 15h40, avec la déclaration écrite de l’entreprise Aubert et Duval et l’ajout de la photo des conteneurs.

DISCLOSE / Enquête : Ariane Lavrilleux et Nicolas Serve / Rédaction en chef : Mathias Destal / Photo de Une : Nicolas Serve / 5 juin 2025